Encore une habitude qui s'ajoute aux autres, celle d'écrire les jours de pluie. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être la douce mélancolie de l'eau qui tombe, la grisaille du ciel, le vent qui souffle sous la fenêtre. Ou encore d'autres choses. (...) Je remarque qu'il est beaucoup plus simple de parler des malheurs des autres, que des siens. Peut-être parce qu'on a ce recul, qu'ils n'arrivent pas à avoir. Aussi bien, ce recul que nous avons face aux situations des autres, il nous faut du temps afin de l'acquérir face à notre propre malheur. Peut-être est-ce que cela marche de même pour le bonheur. Je n'en sais rien, je ne suis pas réellement une experte en la matière. Je suis heureuse, certes, mais mon bonheur est en dents de scie. Quand l'amour que l'on porte à quelqu'un devient synonyme de solitude, c'est une drôle de situation. C'est un cercle vicieux, la vie. Lorsque l'on est seule, on finit par s'y accoutumer, bien sûre à certaines occasions, notre solitude nous revient à la tronche. Alors, on se transforme en gros stéréotype, du c½ur brisé, on se pose devant la télévision, et on se la joue à la Bridget Jones, avec le paquet de mouchoirs, la boîte de chocolat en forme de c½ur, qui finira bientôt vide, et la comédie romantique qui nous fait nous écrouler, on se met à fondre en larme et on se transforme en fontaine. Oui, oui, à quelques détails près c'est du vécu, je ne déroge pas à la règle, désolé pour ceux ou celles qui pensaient que je valais mieux que cela, mais au fond, je pense que nous sommes tous un petit peu semblables dans nos manières d'être. Et lorsqu'on aime, lorsqu'on aime... C'est beau, grand, ça remplit le c½ur, on se dit que c'est pour toujours, on se dit que rien ne viendra perturber cet amour. On y croit, on est aveuglé par cette chose qu'on appelle l'amour, j'en sais rien si on est aveugle ou pas. Mais en attendant, on est heureux, alors on prend ce risque de se casser la gueule, même si vus qu'on est amoureux, on se cassera pas la gueule, ça semble impossible. On s'était pourtant juré de ne plus tomber dans ce piège, de plus autant s'impliquer. Oui, tu sais en temps de rupture, on se promet qu'on sera plus jamais aussi bête, qu'on jouera l'amoureuse, qu'on feindra d'être à fond, mais qu'on gardera de la retenue. Et puis quand on trouve, le garçon, le garçon formidable, celui avec qui l'avenir est réellement envisageable, celui qui petit à petit d'un garçon devient ta vie, et bien on se dit que merde qu'on aime, oui, comme une pauvre naïve au c½ur qui bat fort fort, on remet les deux pieds dans le plat. Et puis, il y a les temps dures (je déteste les mots que j'emploie). Tu sais, ce moment où on se dit que c'est l'été et qu'on va pas voir le chéri en question pendant deux mois. Alors, il y a des jours où on voit les amis, où on sourit devant un bon film, où on oublie la distance, on oublie tout ce temps qu'on va passé loin de l'autre. Et puis, il y a le soir, le soir quand on se retrouve comme une conne dans un lit vide, ou du moins occupée de ma seule personne. Et là, on se dit qu'on aimerait bien, oui qu'on aimerait qu'il soit là, qu'il nous embrasse, qu'il nous serre fort contre lui. Alors là, on se sent seule, alors que tout le monde nous dit qu'on a pas à nous plaindre, parce qu'on a trouvé le garçon, parce qu'il nous aime, qu'on est bien ensemble et qu'on a trouvé l'amour. Alors, oui, on a trouvé l'amour, mais il a ce magnétisme.
